20 Février 2012 : A lire aujourd'hui dans la presse

20 Février 2012rédigé le 20 Février 2012, dernière modification le 27 Février 2012

Paritarisme : accord syndicats-patronat
Les partenaires sociaux sont parvenus vendredi à un accord pour améliorer la gestion des organismes qu'ils gèrent paritairement.
Le projet resserre les règles en matière de contrôle, avec l'institution d'audits internes et externes et l'exigence de « certification et de publication des comptes ». La signature d'une « convention financière » devient obligatoire qui fixe les modalités du financement des activités et institue un plafond de dépenses global. La fonction d'administrateur étant gratuite, les frais (liés au déplacement, séjour, formation) seront désormais remboursés sur justificatifs et non plus sur forfait. LA CORRESPONDANCE ECONOMIQUE, AFP.


Référendum chômeurs : le sujet est « fort mal posé », estime Jean-François Pilliard
Le nouveau président de l'Unédic, Jean-François Pilliard, a regretté vendredi sur BFM que le sujet de la formation des chômeurs, qui pourrait être soumis au vote des Français si Nicolas Sarkozy était réélu, était « fort mal posé ».
Pour lui, la question « n'est pas combien de chômeurs je vais former (...) mais comment peut-on faire, en tant qu'acteur responsable, pour faire en sorte que les nombreux emplois disponibles en France puissent permettre à des hommes et des femmes qui sont éloignés de l'emploi, d'y arriver ». Et pour lui, « la formation est l'un des moyens », mais pas le seul.
Vendredi matin, le Premier ministre François Fillon a précisé sur RTL qu'il pourrait s'agir de demander si les Français « approuvent un projet de loi » permettant le transfert des 30 milliards d'euros de la formation professionnelle vers « la formation des demandeurs d'emploi ».
« Nous sommes en faveur de nouvelles évolutions dans le système de formation professionnelle » mais « j'espère que ce type de référendum n'aura pas lieu », a déclaré Jean-François Pilliard. Car, selon lui, « s'il avait lieu, ce serait la démonstration que les partenaires sociaux et le Parlement n'ont pas fait leur travail ». « Et là il faut arrêter, comme je l'ai entendu ce matin, de réduire le débat », car « le rôle de l'entreprise est de faire en sorte que les salariés maintiennent et développent leurs compétences », a-t-il rappelé.


Bruno Lafont dans LES ECHOS : « cesser d'opposer le CAC 40 au reste du pays »
« Il faut réconcilier la France avec son industrie, dont les entreprises traînent une image négative de pollueurs, de destructeurs d'emplois tout en générant des profits qui seraient injustifiés », affirme le PDG de Lafarge dans une interview aux ECHOS (page 12). « L'industrie, c'est la base de la construction de richesses. Il n'y a pas de pays fort sans industrie forte. Et il n'y a pas d'industrie forte sans innovation. Or la France a un potentiel formidable par la qualité de ses infrastructures, de ses formations, de sa recherche », souligne Bruno Lafont. Témoignage à l'appui : « après avoir réfléchi sur la meilleure implantation pour notre laboratoire de recherche, nous en avons conclu que c'est la France ».
Mais pour cela, « il faut rendre la France systématiquement plus attirante pour les industriels, qu'ils soient français ou étrangers. Qu'ils trouvent un intérêt à s'y développer », rappelle le PDG de Lafarge. Car « le monde est devenu un gigantesque marché où chaque pays fait valoir ses atouts afin d'attirer les investissements ». Pour lui, « la question, qui vaut pour la France et plus largement pour l'Europe, est de savoir comment, par exemple, valoriser auprès des industriels étrangers le fait d'avoir une électricité moins chère ». Ainsi, pour Lafarge, « le coût de l'énergie représente 14 % de son chiffre d'affaires et l'électricité pèse pour 40 % de ce poste », précise-t-il. En fait, résume Bruno Lafont, « si la France et l'Europe ont aujourd'hui un désavantage, c'est d'avoir perdu de vue que l'industrie est essentielle à la croissance ».
Autre priorité : « cesser d'opposer les entreprises du CAC au reste du pays ». « C'est une chance pour la France d'avoir autant de champions internationaux. C'est une chance aussi pour les PME que nous accompagnons à l'international et pour les jeunes que nous embauchons », explique Bruno Lafont. A ce propos, il indique que près de 5 % de l'effectif de Lafarge en France « est constitué de jeunes en alternance. On a doublé ce pourcentage depuis trois ans ».
Le coût du travail est-il un handicap pour la France ? « C'est évidemment une donnée-clé », affirme le PDG de Lafarge. « Mais il faut l'apprécier de manière relative par rapport à ce qui se pratique chez nos voisins européens. L'important, ce n'est pas que le coût du travail en France soit bien supérieur à celui de la Chine, mais qu'il le soit par rapport à celui de l'Allemagne, par exemple. Et je pense qu'il y a aujourd'hui des marges de man?uvre dans ce domaine ».
Enfin, s'il faut réduire la dépense publique, cela « doit être fait dans un cadre précis », juge Bruno Lafont qui préconise « une véritable réflexion stratégique au niveau de la sphère publique ».


Benoît Potier : « définir notre modèle d'avenir »
Air Liquide a dégagé en 2011 un chiffre d'affaires en hausse de 7,2 % et un résultat net de 1,5 milliard. Dans une interview au FIGARO (page 24), son PDG, Benoît Potier, propose des pistes pour une relance de l'industrie en Europe.
« La grande question pour moi, c'est de définir notre modèle d'avenir. S'agit-il de rapatrier en France des capacités de production ou de réfléchir à localiser en France de la valeur ajoutée ? », interroge Benoît Potier. Certes, « l'un et l'autre sont liés, mais ce n'est pas tout à fait la même chose ». Pour le PDG d'Air Liquide, « il ne faut pas seulement raisonner en termes de coût de travail, avec une vision de l'industrie du XXème siècle. Il faut se projeter au XXIème siècle et réfléchir à la mise en place de filières intégrées, créatrices de valeur ajoutée. C'est le seul moyen de créer de l'emploi pérenne ». Benoît Potier cite en exemple l'automobile allemande. Cette industrie, explique-t-il, « repose sur une intégration étroite de la filière. L'innovation du constructeur irrigue l'ensemble des acteurs, du chef de file jusqu'au petit fournisseur. Il y a une véritable création de valeur ». A cela s'ajoute le fait que l'industrie allemande « a su se positionner sur l'ensemble de la gamme, ce qui permet de rentabiliser des investissements importants ».
Pour le PDG d'Air Liquide donc, « si nous ne traitons que la question du coût de main-d'?uvre, nous ne serons pas compétitifs à long terme ». Cela étant, « lorsque l'on regarde le coût du travail en France, il est souhaitable de le baisser pour redevenir compétitif par rapport au reste de l'Europe. Mais (...) cela ne suffit pas pour mettre en place une vraie politique industrielle ».


Pour en finir avec la défiance...
L'absence de confiance mutuelle, sans équivalent dans les pays étrangers, plombe notre économie et la société. Comment la reconstruire ?, s'interroge Jean-Pierre Robin dans LE FIGARO (page 26) en rapportant les grandes lignes du dernier ouvrage de Yann Algan, Pierre Cahuc et André Zylberberg, intitulé : « La fabrique de la défiance... et comment s'en sortir ».
Pour l'éditorialiste, le mérite de ce livre est de bien mettre en exergue les deux éléments directeurs qui, selon ses auteurs, conduisent à « la fabrique de la défiance ». C'est, d'une part, « l'école, un appareil vertical », où la relation de maître à élève ne laisse aucune place au travail du groupe et au sens de la réciprocité. C'est d'autre part, à l'âge adulte, l'obsession hiérarchique dans les relations de travail : « l'univers professionnel des Français est hiérarchisé à l'extrême » et le résultat en est totalement contre-productif.
A partir de là, il est possible de décliner toutes les spécificités françaises. « Le culte du diplôme, la reproduction sociale des élites » sont autant de facteurs de rigidité. Quant aux « relations entre employés et managers (...) les plus conflictuelles parmi l'ensemble de l'OCDE », elles plombent la compétitivité du « made in France ».
Autre particularité : notre paysage social sans équivalent au monde avec son « droit du travail ubuesque », un taux de syndicalisation minuscule. Or cette très faible représentativité « favorise la culture du conflit » et les surenchères.
Enfin, l'Etat se comporte partout « comme le maître des horloges », résume Jean-Pierre Robin : il fixe les rémunérations du travail tout comme celles du capital. Et nulle part ailleurs, « l'épargne administrée par l'Etat n'occupe une place aussi envahissante », souligne l'éditorialiste à la suite des auteurs. Avec ce « rituel ridicule de la fixation du taux du Livret A, où le pays semble chaque fois retenir son souffle ».
Cette « société bloquée », comme l'appelait déjà Jacques Chaban-Delmas, « est synonyme de corporatisme et de clientélisme ». L'éditorialiste en veut pour preuve nos « 600 régimes de retraites différents : chaque profession essaie de préserver son statut aux dépens du voisin ». Quant aux quelque 504 niches fiscales, elles reflètent « les efforts acharnés des lobbys pour obtenir un avantage particulier de l'Etat. Chacun se défend comme il peut car tout le monde a peur ».
Face à ce constat, les auteurs proposent une véritable révolution culturelle avec « en tête de liste la réforme de l'école », et, à l'autre bout de la chaîne, l'impératif « de restaurer l'exemplarité des pouvoirs politiques ».