16 Mars 2010 : A lire aujourd'hui dans la presse

16 Mars 2010rédigé le 16 Mars 2010, dernière modification le 22 Mars 2010

Plus de 64 000 sociétés ont jeté l'éponge l'an dernier
Selon l'assureur-crédit Euler Hermes, 64 661 sociétés ont connu la faillite l'an dernier. Les trois plus grosses défaillances sont l'industriel Pôle Keyria (427 millions de chiffre d'affaires), le groupe Rodriguez-Boat Service, un constructeurs de yachts de luxe (410 millions de chiffre d'affaires) et Nortel Networks (369 millions de chiffre d'affaires). Ce faisant, les défaillances ont augmenté de 12 % par rapport à 2008. Ce sont les petites entreprises qui ont été les plus frappées : 89,4 % des sociétés défaillantes employaient moins de cinq salariés et 59 % n'avaient aucun employé. 87 % réalisaient un chiffre d'affaires inférieur à 500 000 euros. Les PME ont également beaucoup souffert avec une croissance de 52 % du nombre de sociétés en difficulté par rapport à 2008.
Toutes les régions ont été plus atteintes qu'en 2008, à l'exception de la Lorraine. La progression a été supérieure à la moyenne nationale dans huit régions dont la Basse-Normandie (37 %), la région Rhône-Alpes (30 %) et l'Alsace (29 %). LE FIGARO page 29.


Crise grecque : différend franco-allemand
Berlin a réagi hier aux critiques formulées par Christine Lagarde. Dans une interview au FINANCIAL TIMES, la ministre française de l'Economie s'interroge sur le modèle allemand de « fortes pressions sur les coûts de main-d'?uvre » pour améliorer la compétitivité, doutant qu'il « soit viable à long terme et pour l'ensemble du groupe » de la zone euro. Pour Christine Lagarde, « il est clair que nous avons besoin d'une meilleure convergence ». Certes, « on ne peut pas demander à un acteur, aussi important soit-il, de tirer l'ensemble du groupe. Mais il faut clairement que nous partagions le sens de ce destin commun qui nous lie à nos partenaires ».
Selon le quotidien BILD, Christine Lagarde aurait ainsi résumé l'opinion de plusieurs Etats membres de la zone euro, inquiets de leurs déficits courants avec l'Allemagne. Ces derniers auraient demandé à la Commission européenne de se saisir du dossier et de leur assurer de meilleures chances d'exportation vers l'Allemagne. Bruxelles serait en train de rédiger un rapport sur le déséquilibre, au sein de l'UE, assorti de recommandations spécifique pays par pays.
L'Allemagne n'a pas tardé à réagir. Interrogé par la presse, le porte-parole d'Angela Merkel a rappelé que « l'Allemagne n'est pas un pays où les salaires et le niveau de la consommation sont déterminés par l'Etat ». Il a ensuite indiqué que le pays dispose d'un Mittelstand, c'est-à-dire d'un tissu de PME très spécialisé et fortement exportateur, « dont nous sommes fiers ». Pour Christoph Steegmans, « la question est plutôt de savoir comment les autres pays peuvent atteindre ce résultat. Il est plus profitable de réfléchir à une stratégie de croissance plutôt que d'obliger certains à se retenir artificiellement ». « Notre secret, ce n'est pas les prix », a renchéri de son côté le porte-parole de l'Association des exportateurs allemands. « Nos principaux arguments de vente, ce sont la qualité et l'innovation. Avec le seul argument du prix nous ne pourrions concurrencer des pays à bas coût comme la Chine », a fait valoir André Schwartz.
Alors que 16 % des exportations hexagonales partent vers l'Allemagne, la France s'inquiète du tassement de la consommation outre-Rhin. « Si les ménages allemands arrêtent de consommer, c'est un problème pour la France et les autres pays de la zone euro, met en garde Bercy. Alors que les plans de relance nous ont sortis de l'ornière, ce n'est pas le moment de faire quoi que ce soit qui puisse peser sur la demande intérieure ». Le solde des échanges entre la France et l'Allemagne était déficitaire de 15,8 milliards d'euros l'an dernier, contre 6,4 milliards en 2000. Les échanges entre les deux pays ont même été à l'équilibre il y a une quinzaine d'années. Mais depuis le milieu des années 90, l'Allemagne a mis en ?uvre une politique de compression des coûts salariaux qui lui a permis d'accroître sa compétitivité-prix par rapport à ses voisins « de 25 % dans l'industrie depuis le début de la décennie 2000 », selon une récente étude de Patrick Artus de Natixis. LES ECHOS page 6, LA TRIBUNE page 2, LE FIGARO page 27, LIBERATION page 20.
« L'Allemagne, Chine de l'Europe ? » Dans LES ECHOS (page 14), Dominique Seux rappelle que « l'excédent des uns est le déficit des autres ». Surtout, « tance-t-on un pays dont les produits sont plébiscités parce qu'ils sont les meilleurs ? » Pour l'éditorialiste, « rien ne serait plus risible et dangereux que de faire croire, même implicitement et involontairement, que l'Allemagne est responsable des difficultés grecques ou espagnoles ! » Enfin, « sur le plan politique, ce n'est certainement pas le moment, alors que les Européens en général (...) tentent péniblement de mettre sur pied une réponse collective à la crise grecque (...) de se lancer dans des accusations inopportunes ». Certes, « le débat sur les politiques économiques devra être ouvert. Mais pas dans l'urgence et de façon brouillonne ».
Filant la métaphore de la relation amoureuse, François Lenglet relève dans LA TRIBUNE (page 11) qu'« il est des rencontres qui ne se passent pas comme prévu. En général, c'est le premier rendez-vous qui dissipe le malentendu : l'un veut passer la nuit en boite, l'autre préfère étudier la philosophie de Spinoza. Chacun retourne alors à ses occupations ». Pourtant, « la France et l'Allemagne s'entêtent » alors que 17 ans après la ratification du Traité de Maastricht, « il faut se rendre à l'évidence, les Allemands sont restés des Allemands ». Quant aux Français, « ils n'ont pas davantage abandonné leurs tropismes et leurs travers ». Ce faisant, « euro ou pas, (...) chacun persévère dans son être. Les Allemands veulent une monnaie forte et travaillent à leur compétitivité. Les autres, ne pouvant dévaluer, se sont réfugiés dans l'endettement ».


Zone euro : un plan d'aide financier inédit pour la Grèce
Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d'accord lundi soir sur les grandes lignes d'un plan d'aide financier à utiliser si nécessaire pour la Grèce, qui serait sans précédent depuis le lancement de la monnaie commune en 1999. Toutefois, dans l'immédiat, ils ont jugé qu'il n'était pas à l'ordre du jour.
Ce plan d'action doit encore faire l'objet d'une approbation par les chefs d'Etat et de gouvernement européens et « pourra être activé rapidement si une telle nécessité devait se présenter », a assuré Jean-Claude Juncker à la presse. A ce stade néanmoins « les autorités grecques n'ont pas demandé une aide financière » et « nous pensons que la question ne se posera pas », a-t-il précisé.
Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a estimé en effet que le pays était désormais « en bonne voie » pour atteindre son objectif de réduire cette année de quatre points de pourcentage son déficit public, par rapport aux 12,7 % du PIB de l'an dernier. Plombée par une dette de 300 milliards d'euros, la Grèce doit emprunter cette année quelque 54 milliards d'euros pour se refinancer, dont environ 20 milliards d'ici à mai. AFP, LES ECHOS page 7.